2020 : Une opportunité de transformer l’action sur la nature et le climat

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La forêt de Didy à Madagascar, est riche en biodiversité et abrite plusieurs espèces de lémuriens et d’autres espèces menacées d’extinction. Photo : Equator Initiative du PNUD / Association Adidy Maitso

Alors que nous entamons la dernière année de la Décennie des Nations Unies pour la biodiversité, les scientifiques du monde entier tirent la sonnette d’alarme sur l’urgence climatique et la crise de biodiversité qui y est étroitement liée. Nous perdons des plantes et des animaux à un rythme 1 000 fois supérieur à tout autre moment de l’histoire humaine, avec plus d’un million d’espèces menacées d’extinction. Pourtant, nous avons une chance unique de changer la donne.

Cette année est considérée comme une « super année » pour la nature. En septembre 2020, les dirigeants mondiaux se réuniront en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies pour un sommet sur la nature. En octobre 2020, lors de la Conférence des Nations Unies sur la biodiversité, 196 gouvernements se mettront d’accord sur un cadre politique international qui façonnera l’action sur la nature dans le monde entier pour les dix prochaines années. Et en novembre 2020, lors de la Conférence des Nations Unies sur le climat, les gouvernements auront encore une chance d’élever l’ambition de leurs contributions déterminées au niveau national pour lutter contre le changement climatique.

Les données spatiales sont un outil puissant qui peut nous aider à réaliser cette ambition mondiale, notamment en cartographiant les liens entre la nature, le climat et les personnes. Plus de la moitié des Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies sont indissociables de la nature et le capital naturel mondial fournit des services écosystémiques sans lesquels la vie ne peut exister. Les forêts fournissent du bois, purifient l’eau et régulent le climat. Les réseaux fluviaux apportent de l’eau douce, de l’électricité et des loisirs. Les zones humides côtières filtrent les déchets, atténuent les inondations et servent de pépinières pour la pêche commerciale. Nous pouvons utiliser des données spatiales pour déterminer où la nature abrite une forte concentration d’animaux, aider à maintenir l’eau pour les villes ou soutenir les besoins de production alimentaire. Les cartes de la nature peuvent nous aider à identifier les récifs coralliens et les mangroves qui réduisent les impacts des tsunamis et des ondes de tempête, et les forêts qui séquestrent de grandes quantités de carbone. Et ce n’est que le début.

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Une capture d’écran du UN Biodiversity Lab montrant les zones protégées du Pérou (polygones vert clair) et les zones de forte connectivité entre des paysages forestiers intacts. Des cartes comme celle-ci peuvent être utilisées par les responsables politiques et d’autres parties prenantes pour identifier les zones clés pour la conservation. Crédit de données : WDPA — UNEP-WCMC & UICN 2020 | Connectivité des forêts — Hansen et al. 2013 et Potapov et al. 2017.

Au PNUD, nous nous engageons à aider les gouvernements à accéder aux données spatiales de la meilleure qualité possible et à les utiliser pour agir en faveur de la nature et du climat. Dans le cadre de cet effort, nous hébergeons le UN Biodiversity Lab en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour l’environnement et le Secrétariat de la Convention des Nations Unies sur la biodiversité, avec un financement du Fonds pour l’environnement mondial. Cette plateforme offre aux gouvernements et autres parties prenantes clés un accès gratuit à plus de 100 des meilleurs ensembles de données spatiales du monde sur la nature, le climat et le développement durable. Les utilisateurs peuvent visualiser des données mondiales et nationales, exécuter des analyses de base et créer des cartes, le tout dans un environnement en ligne gratuit qui ne nécessite aucune expérience de cartographie préalable.

Un partenaire important nous aide à concrétiser cette vision de connecter science et politique. La National Aeronautics and Space Administration (NASA) des États-Unis nous aide, ainsi que des institutions de recherche de premier plan, à développer des données spatiales de haute qualité sur l’état des forêts, la pression humaine, l’intégrité des forêts et la connectivité des forêts (PDF, anglais). La NASA travaille également avec nous pour former les gouvernements à la façon d’utiliser ces données et identifier les « meilleures des dernières » forêts tropicales qui sont essentielles pour atténuer le changement climatique et préserver la nature. Nous travaillons également en collaboration avec la Colombie, l’Équateur et le Pérou pour mieux comprendre comment les différences dues au changement de climat et à l’utilisation des terres peuvent avoir un impact sur les forêts, les habitats des plantes et des animaux et l’approvisionnement en eau.

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Pêcheuse utilisant des outils de pêche traditionnels dans la baie de Gökova, Turquie. Photo: PNUD Equator Initiative / Mediterranean Conservation Society

Dans le cadre de cet effort, le PNUD collabore avec le programme Applied Remote Sensing Training (ARSET) de la NASA pour offrir une série de webinaires en ligne gratuits proposés en anglais, français et espagnol. Tous les logiciels, outils et données utilisés dans les formations sont gratuits et ouverts au public.

La série s’adresse aux décideurs politiques, aux universitaires, aux ONG et à toute personne du public souhaitant savoir comment les données spatiales peuvent être utilisées pour soutenir des actions sur la nature et le climat. Au cours de la formation, vous pourrez mieux comprendre comment utiliser les données spatiales, y compris celles provenant des satellites et des capteurs de la NASA, pour améliorer la conservation de la biodiversité et les résultats du développement durable.

Nous vous aiderons à accéder aux types de données spatiales qui peuvent aider guider ce travail, comme les informations sur l’intégrité des forêts, les aires protégées, la séquestration du carbone et la richesse en espèces. Vous apprendrez également comment les données spatiales peuvent vous aider à développer des actions plus efficaces pour atteindre les engagements à travers la Convention des Nations Unies sur la biodiversité, la Convention Cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et le Programme de développement durable à l’horizon 2030.

Au cours de cette « super année » pour la biodiversité, le monde s’achemine vers de nouveaux engagements importants pour faire face aux crises climatique et de la biodiversité. Pour aider à développer des solutions, le PNUD continuera d’aider les pays à améliorer leur accès aux données spatiales à des fins d’élaboration des politiques. Nous vous invitons à rejoindre ce mouvement.

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Sur la côte kenyane, les coraux de Kuruwitu sont peuplés de nombreuses espèces de poissons d’ornement, de raies pastenagues, de tortues et d’une gamme diversifiée d’autres créatures marines. La cartographie des régions écologiques dans le but d’identifier les zones à forte biodiversité conduit à une meilleure gestion en guidant les décisions sur les endroits où les efforts de restauration devaient être intensifiés. Photo : Equator Initiative PNUD / KCWA

Pour plus d’informations :

Dates et inscription à la série de webinaires :

  • 24 mars 2020 : Utiliser les données spatiales pour améliorer la politique de biodiversité
  • 31 mars 2020 : UN Biodiversity Lab : introduction et formation
  • 7 avril 2020 : Études de cas sur l’utilisation de données spatiales pour soutenir la conservation de la nature

Pour vous inscrire aux sessions en français, cliquez ici : https://arset.gsfc.nasa.gov/land/webinars/un-biodiversity-2020/fr

Brock Blevins est coordinateur de formation, NASA ARSET.

Jonathan O’Brien est Rédacteur technique et éditeur, NASA ARSET.

Christina Supples est Conseiller technique principal, Sixième rapports nationaux à la Convention sur la diversité biologique, PNUD.

Anne Virnig est Coordinatrice du UN Biodiversity Lab, PNUD.

Les auteurs tiennent à remercier les membres de l’équipe qui dirigent le développement de la prochaine série de webinaires : David Barbato (NASA), Amber McCullum (NASA), Juan Torres Perez (NASA), Marion Marigo (PNUD), Diego Ochoa (PNUD), Prudence Raine (PNUD).

Cet article a été traduit de l’anglais au français par Marion Marigo, spécialiste technique du PNUD sur la biodiversité et les sixièmes rapports nationaux pour la Convention sur la diversité biologique.

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