Au PNUD, je peux être moi-même

Rencontrez Frank García, assistant RH du PNUD originaire de République dominicaine, qui partage ses expériences sur son lieu de travail et parle de l’importance de l’inclusion des personnes LGBTIQ+.

Frank García, assistant aux ressources humaines du PNUD en République dominicaine, affiche l’icône de l’objectif de développement durable 10 sur la réduction des inégalités.

Je suis originaire de Puerto Plata, où les plages sont magnifiques en République dominicaine, à environ 3h30 de Saint-Domingue et je me définis comme un poète et un militant. Je prévois aussi d’écrire mon propre roman.

J’ai rejoint le PNUD en juin 2019 à Saint-Domingue. J’ai commencé à couvrir un congé de maternité en tant que consultant à court terme et finalement j’ai été retenu même après le retour de congé de la collègue. Nous sommes maintenant une équipe très internationale avec des collègues du Chili, de Finlande et d’Espagne.

J’avais une vie différente avant de rejoindre le PNUD.

Quand j’ai eu 26 ans, j’ai compris que la vie était trop courte pour ne pas être pleinement soi-même et pour être malheureux. J’avais un emploi stable, un revenu stable, j’aurais été « un homme qui a réussi » pour beaucoup de gens dans mon pays, répondant aux souhaits de la famille et supportant la pression de la société. Pourtant je n’étais pas heureux, au contraire, je souffrais régulièrement d’anxiété. Les lundis étaient terribles pour moi et j’attendais impatiemment le week-end pour pouvoir être de nouveau moi-même. J’avais l’impression de ne jamais être accepté pour ce que j’étais, ma coiffure devait ressembler à celle des autres, je devais éviter de porter les boucles d’oreilles que j’aime et me comporter comme tous les autres hommes qui ont grandi dans ma culture.

Être gay à Saint-Domingue n’est pas aisé, et il n’est toujours pas facile de l’être dans de nombreux endroits.

J’ai donc choisi une autre voie, j’ai décidé d’enseigner l’anglais pendant quelque temps et, en tant que psychologue, j’ai donné des conférences informelles dans le cadre d’une ONG qui aide les femmes transgenres à se sentir plus autonomes. Cela a commencé par une discussion, et puis j’ai commencé à m’investir régulièrement de leurs projets. J’ai rapidement réalisé qu’en les aidant, je m’aidais aussi à guérir.

Nous avons reçu la visite de divers experts et c’est là que j’ai rencontré le spécialiste de la diversité et de l’inclusion du PNUD, qui m’a fait découvrir le travail du PNUD et son équipe chargée de la diversité. À cette époque, je vivais de nouveau dans ma ville natale avec ma famille et j’ai décidé qu’il était temps pour moi d’essayer, de commencer à rechercher le bonheur que je savais pouvoir atteindre. J’ai postulé au PNUD et lorsque j’ai été convoqué pour l’entretien, je me suis senti « moi-même » pour la première fois, avec mes chemises colorées, mes cheveux longs et mon oreille percée. C’était le meilleur entretien que j’aie jamais eu. Le tremplin pour moi était de savoir qu’il y avait des endroits où tout cela n’avait pas d’importance.

Au PNUD, je peux être « moi » sans aucun problème, sans que cela pose question, sans devoir me justifier, sans stéréotypes.

Frank prend la pose avec ses collègues du PNUD en République dominicaine.

En tant qu’assistant RH, j’aide sous différents aspects des ressources humaines. Je suis au service des clients internes, en écoutant les demandes des membres du personnel en poste concernant les contrats, les certificats, les droits, les vacances et les conseils en matière de politique.

Pour moi, « réussir » ne signifie plus avoir un bon emploi, mais être capable d’aider les autres comme j’aurais aimé être aidé par le passé, avec empathie et respect.

Je me sens privilégié de travailler dans un endroit où je peux être moi-même, surtout quand je vois que beaucoup de mes amis n’ont pas la même liberté. C’est cette prise de conscience qui m’a poussé à me concentrer davantage sur la poésie et à devenir militant. Je souhaite exprimer la réalité d’être jugé tout le temps pour des choses qui sont normales. Nous pouvons coexister dans un même environnement mais « nous » sommes des multitudes, nous sommes tous différent(e)s et nous nous devons valoriser cette diversité.

Au PNUD, l’idée de « se sentir accepté » n’explique pas complètement ce que je ressens, car l’acceptation peut être conditionnelle ou temporaire, c’est un assentiment à quelque chose. Au PNUD, c’est différent, il n’y a rien d’extraordinaire à « accepter », je suis simplement moi. Ce qui importe, c’est mon travail, mes idées, mes valeurs, pas mon apparence ou mon orientation sexuelle.

J’ai beaucoup appris de mon équipe, par exemple, j’ai une collègue en fauteuil roulant et elle m’a parlé de ses difficultés à vivre dans un pays où la plupart des structures ne sont pas accueillantes pour elle. Nous avons comparé nos expériences et réalisé qu’au bureau, nous sommes tous des personnes, des collègues et que nous pouvons nous battre pour la cause de chacun.

J’ai partagé ma passion pour l’écriture au début de la pandémie, lorsqu’on nous a demandé de décrire ce que l’on ressentait, enfermé chez soi pendant si longtemps, afin de créer des liens entre nous. Je me souviens qu’on m’a demandé l’enregistrement de la session où j’ai partagé mes pensées et, lorsque nous sommes retournés au bureau, des collègues prenaient souvent des nouvelles de ma poésie. J’ai donc décidé de commencer à poster sur YouTube et de devenir plus actif sur les plateformes sociales. Mes collègues m’ont aidé à me sentir plus fort. Je participe aussi régulièrement à une scène libre de poésie dans ma ville natale. Je partage des réflexions sur le fait d’être gay dans ma société, sur les luttes familiales, sur l’acceptation de ce que l’on ne comprend pas.

Je ne suis qu’une voix parmi d’autres, mais le travail que nous accomplissons au PNUD, en faveur de la diversité et de l’inclusion, est important pour toucher tout le monde, et pas seulement les habitants des grandes villes, car les capitales ne définissent pas la culture d’un pays entier. Nous devons sensibiliser tout le monde, dans les provinces, dans les petites villes, en veillant à ce que 2022 soit l’année des droits de l’homme et du changement conjugué au présent.

Au PNUD, j’ai compris qu’il n’est pas utopique d’espérer un monde meilleur, de ne laisser personne de côté. Plus nous partagerons ces expériences, ces histoires personnelles, plus nous repenserons le concept d’éducation dans son ensemble, plus nous écouterons les personnes, et moins celles-ci seront laissées pour compte.

Pour moi, le PNUD est synonyme de croissance, il s’agit de relier les humains, de se rappeler que la force n’est pas d’être différent, mais d’être fidèle à soi-même.

Consultez l’histoire originale (en anglais) ici.

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