Comprendre l’émigration serbe grâce à LinkedIn

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La Serbie fait partie des dix pays du monde où la population diminue le plus vite en raison d’un taux de natalité faible, d’une forte émigration et d’une immigration qui ne suit pas. Selon une étude de l’ONU, le nombre d’habitants pourrait diminuer de 6,7% sur les 10 prochaines années- la baisse la plus prononcée dans les Balkans occidentaux, et la fuite des cerveaux dans les secteurs de la science, de la technologie et de l’innovation équivaudrait à une perte d’environ 9 milliards de dollars pour le pays (OCDE).

Ce dernier chiffre s’appuie sur le nombre de personnes quittant le pays, le calcul du coût de leur éducation et sur le fait que les émigrants travaillant dans ces secteurs perçoivent généralement des salaires supérieurs à la moyenne. Cet exode de compétences a des effets immédiats sur l’ensemble des Balkans occidentaux.

Quid de la dépopulation ?

Étant actualisées plus fréquemment que les statistiques gouvernementales et surtout moins occultées, ces données indiquent les besoins les plus récents en termes d’emploi et de secteurs, surtout dans le domaine du numérique et des technologies perturbatrices. Les données de LinkedIn permettent d’avoir un aperçu du travail qualifié dans les technologies de l’information et de la communication, les professions libérales, les activités scientifiques et techniques, ainsi que les services financiers et d’affaires.

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En vue des compétences perdues par la fuite des cerveaux, l’équipe Accelerator Labs en Serbie établit des programmes d’éducation destinés à combler ces nouvelles lacunes.

Comprendre la fuite des cerveaux

D’après LinkedIn, l’Allemagne était le premier pays de destination des cerveaux Serbes en 2018, suivie de l’Autriche, des États-Unis, des Émirats arabes unis, de la Norvège et de la Suède. Ces jeunes Serbes fondent des familles à l’étranger, accélérant le dépeuplement.

Entretemps la population restant au pays vieillit et devient plus urbaine. D’ici 2030, plus de la moitié aura 45 ans ou plus. Cela signifie une main-d’œuvre plus restreinte, une croissance économique plus lente et une compétitivité économique réduite.

Toujours selon LinkedIn, la Serbie subit de grosses pertes dans les secteurs de la recherche, des affaires internationales, de l’enseignement supérieur, des services financiers et de l’Internet. Les principales compétences perdues sont l’ingénierie génétique, la médecine (médecine physique et rééducation, physiologie), les soins dentaires, l’intelligence artificielle, la programmation web, etc.

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L’Allemagne serait le premier pays de destination des cerveaux Serbes en 2018, suivie de l’Autriche, des États-Unis et des Émirats arabes unis.

Par ailleurs, les populations qui immigrent en Serbie viennent de Bosnie-Herzégovine, de Roumanie et de Turquie. Mais que ce soit en termes de secteurs ou de compétences, le pays tire peu de bénéfices de ce flux de population (sauf dans le forage et le transport maritime, ce qui pourrait s’expliquer par les cycles de travail annuels des Serbes qui travaillent sur des plateformes pétrolières ou sur des bateaux de croisières).

La collecte de données n’est qu’un point de départ vers une prise de décision et une collaboration plus poussée. Pour cela, il reste à explorer des pistes pour encourager un processus décisionnel de haut niveau fondé sur ces nouvelles sources de données.

Une nouvelle approche

Plutôt que d’essayer d’inverser le déclin de la population, l’équipe a conclu qu’il valait mieux s’adapter de manière proactive à la nouvelle réalité démographique et gérer le potentiel humain inexploité qui existe à l’intérieur et à l’extérieur du pays.

Parmi les idées les plus prometteuses :

1) une Serbie connectée à sa diaspora. Des millions de Serbes dans le monde ont des compétences et des réseaux uniques — les Serbes de la diaspora contribuent déjà à près de 9% du PIB du pays par le biais de transferts de fonds — et pourraient envisager de prendre leur retraite en Serbie, attirés par le faible coût de vie, une nature intacte et des communautés accueillantes- comme l’Espagne l’a fait pour l’Europe et la Floride pour les États-Unis.

2) des communautés d’aînés dynamiques, alimentant les jeunes en emplois pour des services de soutien, mais agissant aussi en tant que contributeurs plutôt que fardeaux sociaux et économiques. Imaginons par exemple un centre pour retraités qui comprendrait un jardin d’enfants — réduisant l’isolement des personnes âgées tout en offrant un soutien aux jeunes familles pour permettre aux jeunes parents de travailler et éventuellement les encourager à avoir plus d’enfants.

Et enfin, une éducation et formation professionnelle axées sur le 22e siècle, et un développement régional qui profite à tous.

Nous concevons actuellement un fonds, en partenariat avec d’autres, pour nous aider à opérationnaliser un portefeuille de solutions intégrées pour lutter contre le dépeuplement, aux points d’entrée

La Serbie est à la frontière d’un nouveau problème global. Les solutions identifiées par notre Accelerator Lab, associées à une meilleure compréhension de l’émigration, pourront bénéficier non seulement à la région mais aussi au monde.

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Compte Twitter officiel du Programme des Nations Unies pour le développement. Le PNUD œuvre pour les peuples et la planète depuis plus de 50 ans.

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