COVID-19 et une nouvelle manière de travailler

Aide immédiate, consolidation de la paix et développement durable s’allient pour faire face aux crises efficacement

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Les collines de la province de Rumonge au Burundi. La concurrence pour les terres fertiles dans le deuxième pays le plus densément peuplé d’Afrique est un défi majeur pour l’instauration d’une paix durable. Photo: Robin Nieuwenkamp / Shutterstock.com

Comme 400 000 autres Burundais, Ramadan Michel a fui l’instabilité politique de son pays pour la Tanzanie en 2015. Comme beaucoup d’autres aussi, son retour a été marqué par la perte de ses terres agricoles — celles de ses ancêtres et dont dépendait la survie de sa famille.

Ce n’est qu’après une médiation facilitée par un projet de consolidation de la paix mené par le PNUD en collaboration avec l’OIM et le HCR que Ramadan et le nouveau propriétaire foncier ont pu parvenir à un accord.

La concurrence pour les terres fertiles dans le deuxième pays le plus densément peuplé d’Afrique est un défi majeur pour l’instauration d’une paix durable. Le manque d’opportunités économiques se ressent particulièrement le long des frontières qui sont à l’avant-plan de déplacements complexes de personnes. Or, celles-ci devraient s’aggraver avec l’arrivée de COVID-19 et la pénurie de ressources que la pandémie devrait provoquer.

Jusqu’ici la riposte du Burundi à la pandémie s’est concentrée principalement sur les zones urbaines. Mais ceux le plus à risque du contact avec le virus sont les réfugiés, les déplacés intérieurs et les communautés d’accueil aux frontières de l’état. Ce sont des endroits à la gouvernance faible et aux infrastructures médicales rares où la maladie trouverait un terreau fertile, notamment dans les campements de fortune surpeuplés. L’économie et les petits commerces transfrontaliers seront aussi les plus exposés à une éventuelle fermeture des frontières.

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Démarrage des activités “Argent contre travail” du PNUD pour améliorer l’état des routes communautaires dans les communes de Mabanda et Kayogoro à Makamba, Burundi. La majorité des participants étaient des femmes.

Comme Ramadan, plus de 2 000 personnes à la frontière du Burundi et de la Tanzanie ont bénéficié du projet des 3 agences s’attaquant aux causes profondes de l’instabilité dans la région transfrontalière.

Démarré en 2017, le projet est soutenu par une analyse complète des conflits du Cadre stratégique régional des Nations Unies pour les Grands Lacs ( en anglais) et par un financement du Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix.

L’approche centrée sur les personnes renforce la résilience grâce aux activités “Argent contre Travail” et offre une protection immédiate aux plus vulnérables sans perdre de vue la consolidation de la paix et le développement durables. Dans les camps de réfugiés, des formations professionnelles soutenues par le PNUD offrent des revenus alternatifs. Le HCR et l’OIM, mandatés pour protéger les réfugiés et les migrants, ont quant à eux assuré le retour volontaire et en toute sécurité des Burundais au pays.

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Camp de réfugiés de Nduta à Kibondo, Tanzanie. Un centre de formation professionnelle offre aux réfugiés des compétences alternatives pour faciliter leur retour au pays. La concurrence foncière entre les rapatriés et les communautés d’accueil est un facteur clé de conflit. Un certificat est délivré aux réfugiés après six mois de formation.

Dans le même temps, le PNUD a mis en place un mécanisme de résolution des conflits entre les communautés d’accueil et les réfugiés. Au Burundi et comme l’illustre le cas de Ramadan, l’approche 3 x 6 (en anglais) combine des activités génératrices de revenus durables avec la médiation des conflits et un soutien juridique pour régler les litiges fonciers. Grâce à l’épargne coopérative, les communautés ont aussi l’opportunité de devenir financièrement autonomes.

Deux leçons

Ce projet comporte deux leçons pertinentes aux acteurs du développement, de l’humanitaire et de la consolidation de la paix pour leur réponse globale à la crise COVID-19 :

1) Dans des situations d’urgence aggravée par la pandémie, comme la crise des réfugiés au Burundi, il est essentiel de penser au-delà des secours humanitaires à court terme. Ce n’est qu’en combinant le soutien immédiat — l’aide médicale et la protection des droits humains fondamentaux — avec une vision à plus long terme de paix durable entre communautés et de création d’opportunités économiques, qu’il sera possible de faire face aux crises efficacement.

2) Une coordination engagée entre les différents acteurs humanitaires, de développement et de consolidation de la paix est nécessaire pour arriver à des solutions pour le court et le long terme.

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En menant la mise en œuvre de ce projet transfrontalier entre trois agences de l’ONU, le PNUD a joué son rôle d’intégrateur des Objectif de développement durable. L’initiative est un exemple clair de l’approche ‘Unis dans l‘Action’ de l’ONU et de sa nouvelle façon de travailler pour réaliser un Nexus de paix pour le développement.

Texte: Mads Knudsen, coordinateur de projet transfrontalier, PNUD Resilience Hub for Africa. Photos: PNUD Burundi / Patrice Brizard sauf indication contraire

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Compte Twitter officiel du Programme des Nations Unies pour le développement. Le PNUD œuvre pour les peuples et la planète depuis plus de 50 ans.

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