Des données satellites pour contrer la crise climatique

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Image 1. Expansion de l’agriculture irriguée dans le bassin de Wadi As-Sirhan, en Arabie saoudite, de 1987 avant que l’agriculture irriguée ne soit présente dans la région, à 2012. © NASA

C’est une année cruciale pour l’action climatique : 2020 marque le lancement officiel de la Décennie d’action dans le cadre de l’accord de Paris, ainsi que la date limite pour l’appel mondial à des plans d’action climatique plus ambitieux, les contributions déterminées au niveau national (CDN).

Les données satellites et l’analyse géospatiale permettent d’évaluer efficacement les conditions à la surface de la Terre et les données récoltées sont extrêmement utiles pour suivre les tendances à tous les niveaux, que ce soit des villes aux bâtiments individuels, ou des parcelles de champs aux banquises. Cela rend l’imagerie satellite extrêmement précieuse pour la planification de l’action climatique. L’érosion des sols, la fonte des glaciers, l’expansion urbaine, le développement des réseaux électriques, l’évolution des infrastructures agricoles, l’élévation du niveau de la mer et les dégâts aux récifs coralliens peuvent tous être capturés en temps réel par des satellites.

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Image 2. Boisement sur l’île de Santiago au Cap Vert : l’environnement naturel avant le projet en 2002 (à gauche) et les changements résultant du projet en 2014 (à droite). Images de : https://eros.usgs.gov/westafrica/case-study/successful-large-scale-afforestation-santo-antao-and-santiago-islands

Au Cap Vert, par exemple, les images satellites aident à surveiller l’évolution des forêts. Comme l’illustre l’image 2, les progrès réalisés de 2002 à 2014 par les programmes de reboisement sur les terres arides de Santiago sont évidents : il est possible de mesurer le taux de croissance des forêts d’année en année, et donc de suivre l’efficacité des CDN et d’en déduire les stratégies adaptées.

L’imagerie satellite est également utilisée pour surveiller les changements de paysage et l’impact sur les communautés accompagnant la construction de centrales hydroélectriques et de réservoirs d’eau et suivre les progrès des investissements dans l’hydroélectricité (voir l’image 3).

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Image 3. Le fleuve Paraná au Paraguay en 1985 (à gauche) avant le projet du barrage de Yacyretá, et en 2010 (à droite) lorsque le réservoir du barrage a atteint son extension finale. Photos de: https://www.vox.com/2015/4/7/8352381/anthropocene-NASA-images

Les investissements dans d’autres sources d’énergie renouvelables, comme l’énergie solaire, sont faciles à détecter depuis les satellites. Ainsi, l’investissement du Vanuatu dans l’énergie solaire pour passer à une énergie 100% renouvelable d’ici 2030 peut être observé par satellite (voir l’image 4).

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Image 4. La baie d’Undine Bay North Efate au Vanuatu en 2014 (à gauche) avant et après l’installation d’un projet d’énergie solaire de 1 MW connecté au réseau en 2017. Images de : Google Earth Pro (17 ° 32'47.10 “S, 168 ° 20'4,70 “E)

Plusieurs pays s’engagent à remanier leur secteur agricole dans le cadre de leurs CDN. L’imagerie satellite peut être utilisée pour suivre et quantifier ces changements, comme le montre l’expansion agricole dans le bassin de Wadi As-Sirhan, en Arabie Saoudite (voir l’image 1).

Toujours au service de l’agriculture, une application plus avancée des données satellitaires consiste à extraire les informations contenues dans les images pour mieux comprendre les pratiques d’irrigation et la santé des cultures. L’imagerie peut ainsi être combinée avec des informations sur le climat pour évaluer la mesure dans laquelle le réchauffement climatique impacte l’agriculture, et déterminer si les variations de productivité correspondent bien à des événements climatiques récents.

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Image 5. Image satellite montrant la santé de la végétation (un indice de végétation ajusté au sol) de l’agriculture près d’Alexandrie, en Égypte en 2016. Les couleurs représentent une fausse échelle pour coder la santé de la végétation. Le rouge représente le moins sain, le vert le plus sain. Photo de : https://www.satimagingcorp.com/applications/natural-resources/agriculture/

Alors qu’autour du globe les gouvernements affinent leurs premiers plans d’action pour le climat, des approches fondées sur des preuves scientifiques sont déterminantes pour diminuer les émissions carbones et renforcer la résilience des pays. Les images satellites sont une source d’information précise, rentable et utile pour suivre les progrès d’atténuation et d’adaptation aux effets du changement climatique.

Par Sydney Neeley, spécialiste SIG / imagerie satellite, James Vener, spécialiste technique — changement climatique et Frieda Fein, spécialiste SIG

L’équipe système d’information géographique et imagerie satellite du PNUD travaille avec les pays pour fournir une analyse et une interprétation gratuites des données.

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