Dix choses que vous ignorez sur la plus haute chaîne de montagnes du monde

« J’avais besoin d’y aller. L’attraction de l’Everest dépassait pour moi toute autre force sur terre. » — Tensing Norgay Sherpa, alpiniste

Un guide de montagne transporte des provisions sur le versant sud du trek vers le camp de base de l’Everest, à une altitude de 17 900 pieds (5 500 m). Photo : Shutterstock

1. Les montagnes d’Asie, dont l’Himalaya et l’Hindu Kush, contiennent toutes les montagnes du monde dont certains sommets dépassent 7 000 mètres d’altitude.

Elles ont commencé à se former il y a 50 millions d’années lorsque le sous-continent indien est entré en collision avec la plaque eurasienne, un glissement qui se poursuit encore aujourd’hui. Le mont Everest, qui culmine à 8 849 mètres, est à cheval sur la Chine et le Népal. Son nom népalais, Sagarmatha, signifie « déesse mère du ciel ».

Vue du mont Ama Dablam au coucher du soleil dans l’Himalaya népalais, depuis le camp de base de l’Everest dans le parc national de Sagarmatha. Photo : Shutterstock

2. La région est connue sous le nom de « troisième pôle » en raison de l’étendue de sa couverture glaciaire

On estime que ses glaciers couvrent 100 000 kilomètres carrés, ce qui en fait la troisième réserve de glaces après l’Arctique et l’Antarctique. C’est ce que l’on appelle la cryosphère — la portion de la surface terrestre recouverte d’eau à l’état solide.

Le glacier Khumbu au camp de base de l’Everest, Himalaya, Népal. Photo : Shutterstock

3. Des centaines de millions de personnes dépendent de son eau

Plus de 240 millions de personnes vivent dans les montagnes et 1,7 milliard d’autres personnes profitent de l’eau qui coule en aval.

Ses glaciers et la fonte des neiges abreuvent dix fleuves importants, surtout pendant la saison sèche, y compris le Gange, l’Indus, l’Irrawaddy, le Mékong et le Yangzi. Les cultures situées le long de ces rivières nourrissent trois milliards de personnes.

Des agricultrices népalaises plantent du riz dans un champ près de Katmandou, au Népal. Photo : Shutterstock

4. Un quart de sa glace a fondu depuis 1970

La région est particulièrement sensible au réchauffement de la planète. Les relevés de température de l’air sur le plateau tibétain attestent d’un réchauffement important à partir des années 1950 et les températures ont augmenté d’environ 1,8°C au cours du dernier demi-siècle, soit beaucoup plus qu’ailleurs dans l’hémisphère nord.

Une vue du glacier Ngozumpa — le plus long glacier de l’Himalaya, sous la sixième plus haute montagne du monde, le Cho Oyu. Les glaciers sont des indicateurs importants du réchauffement de la planète et du changement climatique. Photo : Shutterstock

5. Les objectifs de l’Accord de Paris n’offrent pas une protection suffisante

Le changement climatique a fait fondre le permafrost. Même si les températures se stabilisent à 1,5 °C au-dessus des niveaux préindustriels, il entraînera un réchauffement encore plus important et le troisième pôle pourrait perdre un tiers de ses glaciers d’ici la fin du siècle.

Le lac Gokyo entouré de la chaîne de montagnes de l’Himalaya. Tous les lacs de la vallée de Gokyo sont des lacs de glacier endigués par la moraine, et servaient à approvisionner les villages voisins. Photo : Shutterstock

6. La pollution atmosphérique sévère est un autre défi

Les montagnes sont soumises à l’une des pires pollutions atmosphériques au monde, ce qui contribue à la fonte des glaces et de la neige. Remplacer les énergies polluantes par des énergies propres améliorera le climat, la qualité de l’air et la santé générale.

La capitale Katmandou, au Népal, recouverte d’un voile de smog dû à la pollution atmosphérique. Photo : Shutterstock

7. La perte de couverture de neige et des glaciers crée un cercle vicieux

Lorsque la neige disparaît pour laisser apparaître une roche plus sombre en dessous, celle-ci absorbe davantage de lumière solaire. L’air de réchauffe et fait fondre la neige encore plus vite. Les glaciers reculent et alimentent les lacs glaciaires, souvent retenus par des barrages de remblai instables. Un barrage qui cède, détruit des routes, des maisons, des vies, des cultures et des centrales électriques.

La roche sombre est révélée par la fonte des neiges sur l’Himalaya. De nombreux animaux prennent de l’altitude pour trouver de la nourriture. Photo : Shutterstock

8. La fonte des glaciers affecte la biodiversité, le tourisme et les économies

À mesure que les températures augmentent, les espèces des basses terres prennent de l’altitude, et les espèces des hautes terres sont confinées dans des habitats de plus en plus réduits. Le tourisme en souffre, car les randonnées dépendent des vues sur les montagnes enneigées. La diminution de l’eau affecte les centrales hydroélectriques, qui sont vitales pour la santé des économies.

Un groupe de Yaks dans la vallée de Langtang, au Népal. Photo : Shutterstock

9. Le troisième pôle n’est pas seul dans ce cas

De l’Antarctique à la Scandinavie en passant par les Andes, la cryosphère continue de s’amenuiser de façon alarmante dans le monde entier, symptôme des problèmes plus généraux liés à la façon dont l’homme traite l’atmosphère. La différence est que le troisième pôle contient un plus grand volume d’eau à l’état solide et que ses changements affectent un nombre bien plus important de personnes.

Le temple Pashupatinath se trouve au bord de la rivière Bagmati à Katmandou, au Népal. L’eau est importante pour tous les aspects de la vie — de l’agriculture à la pratique religieuse et aux besoins quotidiens. Photo : Shutterstock

10. Il en va de la responsabilité de chacun

La protection du troisième pôle peut devenir un objectif fédérateur pour renforcer la coopération internationale au cours de la difficile décennie à venir, l’échéance 2030 à l’horizon. Ensemble, nous pouvons décider de nous passer des combustibles fossiles, de lutter contre la pollution de l’air en adoptant des méthodes de cuisson et de chauffage propres, d’apporter des changements à la production agricole et de sensibiliser les politiciens, les électeurs et le secteur privé à un leadership responsable sur le long terme.

Une femme népalaise cuisine dans sa maison traditionnelle du village himalayen, en utilisant du bois local comme combustible. Photo : Shutterstock

Pour en savoir plus, consultez le (en anglais) du PNUD, intitulé Perte des glaciers, moyens d’existence en danger : Affronter le changement climatique pour sauver le troisième pôle.

Compte Twitter officiel du Programme des Nations Unies pour le développement. Le PNUD œuvre pour les peuples et la planète depuis plus de 50 ans.

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