« Je produirai de nouveau mon manioc »

Mendonça João, 25 ans, a perdu sa maison suite à l’attaque de son village par des groupes armés à Macomia, au Mozambique. Photo : PNUD/Brenda Hada

Mendonça João, 25 ans, a connu les horreurs du conflit armé et de la violence dans la province de Cabo Delgado, au nord du Mozambique. Lorsque des groupes armés ont attaqué son village, sa maison a été détruite.

« Nous sommes restés ici, dans ce même district de Macomia depuis le début et tout au long du conflit. À l’heure qu’il est, il y a beaucoup de gens dans le village, mais pendant les attaques, nous avons fui dans les bois, où nous nous sommes cachés pendant six jours, sans eau ni nourriture. », dit-elle.

Depuis, la vie a été très difficile, marquée par une peur constante, l’absence de services de base et le plus grand dénuement, provoquant le départ de la plupart des habitants à la recherche de sécurité, d’un abri, de nourriture et d’eau.

L’Organisation internationale pour les migrations estime que 744 000 personnes ont été déplacées par le conflit.

Pour répondre aux besoins urgents des familles déplacées et des communautés d’accueil, la communauté internationale a lancé une réponse humanitaire à grande échelle à travers Cabo Delgado, avec plus de 800 travailleurs humanitaires provenant de 59 organisations. À mesure que les personnes rentreront chez elles, l’économie et les services locaux seront essentiels.

Mendonça continue de reconstruire sa vie sur place, tandis que d’autres personnes, déplacées depuis deux ans, reprennent le chemin de chez eux.

Des enfants sont assis devant une école qui attend d’être réhabilitée, à Macomia, au Mozambique. Photo : PNUD/Brenda Hada

Mais les habitants de Cabo Delgado regagnent des zones où toutes les infrastructures ont été détruites, y compris les bâtiments endommagés par le cyclone Kenneth en 2019, et où les services publics de base demeurent à l’arrêt.

Dans les zones qui ont été libérées par les forces gouvernementales, le principal défi est de rétablir les services sociaux de base tels que la santé, l’éducation, de sorte que les habitants retrouvent une vie normale le plus rapidement possible.

Le programme de stabilisation du PNUD se fonde sur l’idée que la réhabilitation rapide des infrastructures, la création d’emplois, et la promotion de la cohésion sociale constituent les bases d’un développement à long terme.

Le PNUD aide les gouvernements locaux à reconstruire les bâtiments publics tels que les écoles et les hôpitaux, et à réparer les infrastructures pour que les rues, les lumières et les routes soient en état de fonctionnement.

Des résidents locaux sont recrutés pour effectuer les travaux, ce qui assure un revenu aux familles et revitalise la communauté dans son ensemble.

Les travaux de reconstruction ont lieu au centre de santé de Macomia. Des activités de reconstruction et de travail rémunéré aident à rétablir les services de santé de base. Photo : PNUD/Brenda Hada

Le PNUD veille également à ce que toutes les interventions soient menées compte tenu de la dimension de genre et à ce que les femmes soient soutenues dans des activités « non traditionnelles », telles que la peinture enbâtiments et la création de petites entreprises. Les ménages dirigés par des femmes reçoivent également des transferts d’argent non assortis de conditions.

Sete Mascote, un autre survivant du conflit à Macomia, est heureux d’avoir un travail qui permettra de pallier certains des effets de la destruction subie par les siens, toutes les maisons ayant été brûlées ne laissant rien pour se nourrir ou se vêtir.

« Il y a eu cinq attaques dans la localité et tous les habitants n’ont pas pu rentrer chez eux. Au moins, nous qui vivons ici, nous avons déjà un travail », a-t-il déclaré.

La communauté elle-même reconstruit dans le cadre d’un programme « argent contre travail » du PNUD, à Macomia, au Mozambique. Photo : PNUD/Brenda Hada

Environ 700 personnes vulnérables, dont la moitié de femmes, ont été employés à déblayer des routes, peindre des écoles et réparer des points d’eau. À court terme, ces activités économiques immédiates touchent davantage de personnes, pour atteindre environ 2 000 chefs de foyers dans d’autres villages des districts de Macomia et de Quissanga.

Le centre de santé de Macomia est aussi en train d’être nettoyé et réparé. Une fois le générateur de la maternité du centre réparé, les femmes enceintes ne devrons plus accoucher dans l’obscurité.

Depuis septembre 2021, le centre de santé de Macomia attend d’être réparé. Photo : PNUD/Brenda Hada

« La plus-value de nos activités est grande, car celles-ci offrent une visibilité et de bonnes conditions d‘hygiène à notre hôpital. Nous espérons que notre hôpital connaîtra bientôt les mêmes conditions qu’auparavant », déclare Catarina Falume, qui affirme que ce travail aide sa famille à devenir plus stable économiquement.

Fondées sur la triple approche humanitaire-développement-paix, les interventions de stabilisation du PNUD ont pour but de jeter les bases d’une gouvernance à plus long terme et de programmes de réduction de la pauvreté visant à résoudre les problèmes structurels à l’origine des niveaux de pauvreté très élevés. La stabilisation est la première étape essentielle de la construction d’une paix durable pour des centaines de milliers de personnes comme Mendonça, Sete et Catarina, afin qu’elles puissent commencer à rebâtir leur avenir.

« Lorsque cette activité prendra fin, je produirai de nouveau mon manioc. Parce qu’alors j’aurai de l’argent dans mes mains », dit Catarina.

Compte Twitter officiel du Programme des Nations Unies pour le développement. Le PNUD œuvre pour les peuples et la planète depuis plus de 50 ans.

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