« J’ose croire à présent que nous sommes capables de tant de choses »

Les entrepreneurs de l’énergie propre au Pérou

Photo : PNUD Pérou/Jasmin Ramirez Romero

« Ma vie a changé. Avant cette formation, je craignais que seuls les hommes soient faits pour ce type de travail, et que les femmes en soient incapables. J’avais peur de travailler avec ce genre d’équipement, de travailler avec des machines. Cette peur a disparu. J’ose croire à présent que nous sommes capables de tant de choses ».

Nelly Arias est l’une des 290 femmes péruviennes qui se sont inscrites à e-Mujer, l’école de l’énergie pour les femmes. Ce projet pilote, financé par le Fonds pour l’environnement mondial et mis en œuvre par le ministère péruvien de l’Énergie et des Mines et le PNUD, forme les femmes à l’utilisation, l’installation, l’entretien et la commercialisation de panneaux solaires et de fourneaux à énergie propre.

e-Mujer contribue à démocratiser l’accès à l’énergie propre, aide à faire progresser l’action climatique et réduit les inégalités entre les sexes, un problème crucial dans tout le pays. Dans les zones rurales du Pérou, 42 % des femmes ne perçoivent aucun revenu, ce qui les empêche d’accéder à la propriété, au crédit et à l’indépendance, selon l’enquête nationale auprès des ménages menée Pérou en 2017 (ENAHO).

Grâce à e-Mujer, elles acquièrent de nouvelles compétences pour lancer leur propre entreprise liée à l’énergie propre, gagner un revenu et rendre leur vie plus facile. Actuellement mis en œuvre à Cusco et Cajamarca, où la formation est axée sur les fourneaux améliorés, ainsi qu’à Puno et Loreto, où l’accent est mis sur l’énergie solaire, e-Mujer cherche maintenant à s’étendre au niveau national. Une partie essentielle de la prochaine phase du projet consistera à renforcer la dimension entrepreneuriale de la formation en aidant les femmes à concevoir et à mettre en œuvre des modèles commerciaux pour leurs entreprises liées à l’énergie propre. 12 % des Péruviens utilisent des combustibles solides tels que le bois de chauffage ou le charbon de bois pour la cuisine et d’autres usages domestiques. Huit pour cent de la population, soit près de trois millions de personnes, n’ont pas l’électricité. La plupart vivent dans des communautés isolées que le réseau national ne peut atteindre (ENAHO, 2017).

Des femmes construisent des fourneaux plus économes en énergie. Dans les zones rurales du Pérou, 42 % des femmes ne perçoivent aucun revenu, ce qui les empêche d’accéder à la propriété, au crédit et à l’indépendance. Grâce à e-Mujer, elles acquièrent de nouvelles compétences pour créer leur propre entreprise liée à l’énergie propre, gagner un revenu et rendre leur vie plus facile. Photos : PNUD Pérou/Jasmin Ramirez Romero

Les femmes rurales sont les principales utilisatrices d’énergie à domicile, c’est-à-dire qu’elles sont aussi les plus vulnérables. La pollution de l’air provenant des poêles et des feux ouverts nuit à leur santé et s’avère extrêmement chronophage : les femmes passent trois fois plus de temps que les hommes à collecter de l’eau et des combustibles. Ces pratiques contribuent également à la déforestation. Les technologies de l’énergie propre sont une solution rentable et contribuent à l’objectif de développement durable n° 7 — une énergie propre, abordable et fiable — tout en aidant le Pérou à atteindre ses objectifs climatiques.

Huit pour cent de la population, soit près de trois millions de personnes, n’ont pas l’électricité. La plupart vivent dans des communautés isolées que le réseau national ne peut pas atteindre. Photo : PNUD Pérou/Giulianna Camarena Montenegro

Une école conçue pour les femmes rurales

L’une des clés du succès d’e-Mujer est son approche éducative flexible, fondée sur l’apprentissage par la pratique. École itinérante qui va à la rencontre des femmes dans leur communauté, e-Mujer forme les femmes en s’adaptant à leur emploi du temps chargé.

Au cours des deux dernières années, les équipes du projet ont fait le constat de ses effets bénéfiques sur le quotidien de personnes. Le projet a permis aux femmes de prendre confiance en leurs capacités, de ressentir un plus grand sentiment de valeur personnelle et d’autorité pour mener à bien des activités traditionnellement associées aux hommes, de gagner en assurance pour participer à la vie sociale de leurs communautés et d’apprécier leurs nouvelles compétences, allant de leurs aptitudes pratiques à leur plus grande aisance pour s’exprimer en public. « Les femmes sont capables de former d’autres personnes, et de travailler sur un pied d’égalité avec les hommes », a déclaré Ana Maria Pumaccallahui, étudiante d’e-Mujer à Cusco. « Je veux ouvrir ma propre entreprise pour vendre des cuisines améliorées. Je veux agir pour la bonne santé de mon entourage. De nombreuses familles utilisent encore des cuisines traditionnelles et j’aimerais que chacune puisse disposer de technologies de cuisson propres. En créant mon entreprise, je pourrai gagner ma vie tout en aidant les gens ».

L’une des clés du succès d’e-Mujer est son approche éducative flexible de l’apprentissage par la pratique. École itinérante qui s’adresse aux femmes dans leurs communautés, e-Mujer forme les femmes en s’adaptant à leur emploi du temps chargé. Photo : PNUD Pérou

Libérer le pouvoir des femmes

Alors que sa phase pilote touche à sa fin, e-Mujer se tourne vers l’avenir. Le PNUD, le ministère péruvien de l’Énergie et des Mines et leurs partenaires ont pour objectif de reproduire le projet dans tout le pays et étudient la possibilité d’étendre les composantes de la formation relatives à l’entrepreneuriat et aux modèles commerciaux. Cela comprendrait de nouveaux cours, notamment l’ajout d’un pôle d’innovation permettant aux femmes de concevoir d’autres technologies d’énergie propre adaptées à leurs réalités et à leurs besoins.

De tels investissements permettraient de libérer véritablement le potentiel des femmes pour faire progresser l’accès à l’énergie propre et l’action climatique au Pérou, pour le bénéfice de tous.

· Claudia Espinoza, Coordinatrice de l’efficacité énergétique et des énergies renouvelables de la Direction de l’efficacité énergétique du ministère de l’Énergie et des Mines : clespinoza@minem.gob.pe

· Sophie Guibert, spécialiste en communication pour le programme Énergie et Changement climatique du PNUD : sophie.guibert@undp.org

Informations clés sur le projet :

· Le projet est à la recherche de nouvelles opportunités pour passer à l’échelle nationale et renforcer ses composantes entrepreneuriat et modèles d’affaires.

· e-Mujer fait partie du projet des mesures d’atténuation appropriées au niveau national (MAAN) au Pérou, qui a été mis en œuvre par le ministère de l’Énergie et des Mines du Pérou et le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM). Il vise à réduire l’écart en matière d’accès universel à l’énergie propre et à atténuer les émissions de gaz à effet de serre.

· Actuellement, la formation se compose de trois cours :

  1. l’utilisation et la maintenance des technologies d’énergie propre ;
  2. comment installer et réparer les technologies d’énergie propre ;
  3. comment créer et gérer une entreprise d’énergie propre.

--

--

À l’œuvre pour éliminer la pauvreté et transformer notre monde #Pour2030. Rendez-vous sur www.undp.org/fr

Love podcasts or audiobooks? Learn on the go with our new app.

Get the Medium app

A button that says 'Download on the App Store', and if clicked it will lead you to the iOS App store
A button that says 'Get it on, Google Play', and if clicked it will lead you to the Google Play store
ONU Développement

ONU Développement

1.3K Followers

À l’œuvre pour éliminer la pauvreté et transformer notre monde #Pour2030. Rendez-vous sur www.undp.org/fr