« La sécheresse a été terrible »

Au Cabo Verde et au Niger, le relèvement et la réduction des risques de désastre passent par l’inclusion.

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© PNUD Niger / Amadou Djibo

Plages de sable blanc, eaux turquoises et ciel bleu : ce sont les images qui viennent à l’esprit lorsqu’on imagine l’archipel volcanique du Cap-Vert, situé à 450 kilomètres des côtes sénégalaises. Et pourtant, en arrivant là-bas en mars 2019, j’ai pu constater à quel point le pays souffrait de l’impact du changement climatique.

Les petits États insulaires en développement (PEID) sont parmi les plus vulnérables aux catastrophes naturelles qui peuvent rapidement devenir des désastres pour les pays ayant moins de ressources. Cette situation peut engendrer un cercle vicieux d’inégalité.

Moins touristique que les îles sœurs de Sal et Boavista, l’île de Santiago abrite le plus grand centre agricole du Cap-Vert. Mais les pluies ont été rares ces deux dernières années, ce qui a créé une pénurie d’eau endémique et mis en péril les moyens de subsistance locaux.

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La pluie a été rare au cours des deux dernières années sur l’île de Santiago, au Cap-Vert.

Traditionnellement, les femmes représentent un pourcentage élevé du nombre d’agriculteurs. Elles sont donc les plus durement touchées par les pénuries d’eau.

« La sécheresse a été terrible au cours des deux dernières années. Le barrage s’est asséché et les pompes à eau ont arrêté de fonctionner. »

De nombreuses familles qui vivaient de l’agriculture se sont installées en ville à la recherche d’un emploi. En raison de la baisse de production, le prix des légumes a explosé sur le marché », dit Ana Rodrigues, membre d’une coopérative de femmes.

Il y a dix ans, les insulaires cultivaient des oignons, des tomates, des concombres et une variété de fruits, mais ils ont dû s’adapter. Aujourd’hui, ils cultivent principalement des haricots, des patates douces et du manioc, les 70 à 75% restants étant des produits importés.

Pour aider le pays à mieux s’adapter à ce climat de plus en plus aride, le PNUD a formé les autorités nationales et locales à mieux faire face aux risques futurs et à renforcer les capacités en matière d’évaluation des besoins après une catastrophe. Une stratégie nationale de réduction des risques et un cadre de relèvement en cas de désastre ont ainsi pu être élaborés. Ces deux outils passent en revue toutes les politiques, responsabilités et dispositions de gestion, tout en identifiant les mécanismes financiers appropriés pour la reconstruction.

Plus de femmes bénéficient de meilleurs gagne-pains

Alors que ma mission me conduisait plus à l’est, au Niger, la chaleur notoire du Sahel m’a frappée comme une vague au moment de mon arrivée à Simiri à trois heures de route de Niamey, la capitale du pays.

Dans cette région, la plupart des moyens de subsistance reposent sur de petites exploitations agricoles, et les cultures sont particulièrement fragilisées par l’impact du changement climatique : désertification, dégradation des sols et augmentation des maladies.

À l’aide d’images satellites de haute résolution, le PNUD a développé plus de 20 cartes de vulnérabilité à la sécheresse, aux inondations et aux risques connexes dans la région au cours des cinq dernières années. Avec le financement du Gouvernement du Luxembourg, ces cartes ont été produites et validées en collaboration avec les autorités locales.

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Les panneaux solaires utilisés pour le pompage de l’eau ont contribué à augmenter la production agricole à Simiri.

Le PNUD a aussi agrandi de huit hectares le jardin maraîcher de la ville de Simiri, pour environ 420 femmes et leurs familles.

« Des panneaux solaires pour le pompage de l’eau et la mise en place de réservoirs d’eau supplémentaires nous ont permis d’augmenter la production agricole et la consommation de nourriture. Nous vendons le reste au marché, ce qui nous permet d’envoyer nos enfants à l’école », explique Fati Djibo, mère de huit enfants.

Les villageois participent à des programmes « Cash for Work » (Argent contre travail) visant à restaurer les écosystèmes dégradés et à remettre en état les infrastructures communautaires. Les familles réinvestissent leurs économies dans plus d’opportunités commerciales, ce qui stimule l’économie.

Quand j’ai quitté Simiri, une trentaine de femmes vêtues de leurs hijabs colorés m’ont entourée pour dire au revoir. Ce fut belle leçon d’humilité de comprendre à quel point les panneaux solaires et les réservoirs d’eau avaient amélioré leur qualité de vie, celle de leurs familles et de leurs enfants, en leur permettant d’être plus résilientes face à la sécheresse.

Cette expérience a renforcé ma conviction que des processus de relèvement inclusifs, dans lesquels les femmes sont autonomisées, et où les groupes marginalisés ont la possibilité de participer aux décisions, constituent le moyen le plus sûr de se relever, mais aussi de reconstruire en mieux.

Stefanie Afonso est analyste des politiques de l’équipe chargée de la réduction des risques de catastrophe et du relèvement pour renforcer la résilience, Bureau des crises, PNUD

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Compte Twitter officiel du Programme des Nations Unies pour le développement. Le PNUD œuvre pour les peuples et la planète depuis plus de 50 ans.

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