L’Angola renforce la protection de la vie sauvage

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Photo: Laura MacInnis/FEM

Manuel Sebastião Afonço a de quoi s’occuper : près d’un million d’hectares, pour être exact.

En tant qu’administrateur du parc national de Quiçama, un vaste territoire près de Luanda, la capitale de l’Angola, il est responsable de la protection de la faune, notamment des éléphants, des girafes, des zèbres, des impalas et d’autres animaux sauvages qui attirent de plus en plus de visiteurs alors que le pays cherche à mettre l’écotourisme en place.

Manuel est aussi le principal point de contact pour environ 25 000 personnes de cinq communautés vivant dans l’enceinte du parc, qui était autrefois une réserve de chasse. Avec son équipe de 29 gardes-chasse, Manuel travaille avec les communautés lorsqu’elles traversent le parc en camion ou en bateau, surveille la chasse illégale et la déforestation, et accueille de surcroît un nombre croissant de safaris.

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L’Angola cherche à mettre en place un secteur de l’écotourisme.

C’est un travail éreintant : les rangers dorment par terre dans des huttes sans eau courante. Leurs journées sont consacrées à réparer les clôtures, à creuser des puits, à éteindre les incendies et à construire des plates-formes d’observation pour les futurs visiteurs.

Actuellement, seul 1% de la superficie du parc est gérée de manière active.

« C’est une zone immense et nous avons peu de personnel. »

Un projet (en anglais) géré par le ministère de l’environnement avec le soutien du Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et du PNUD a permis aux autorités du parc de construire des stations de patrouille équipées de sanitaires et d’acheter des véhicules tout-terrain pour couvrir un territoire plus vaste.

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Manuel est l’administrateur du vaste parc national de Quiçama. Il indique que la tour de l’aéroport international de Luanda est visible au loin.

Le parc est assez proche pour une excursion d’une journée depuis le centre-ville de Luanda, le long d’une autoroute moderne qui traverse des villages de pêcheurs, des mines de sel, des hôtels de plage et un parcours de golf. Environ 2 000 personnes visitent le parc chaque année, principalement lors de petits safaris organisés par des opérateurs privés.

Mais l’accès facile à un aéroport international est également une aubaine pour les braconniers cherchant à exporter illégalement des défenses d’éléphant, des écailles de pangolin, ou même des animaux vivants pour la vente à l’étranger. Deux chasseurs récemment appréhendés par l’équipe d’Afonço étaient en possession d’un fusil semi-automatique, de 190 pièges et de deux machettes.

« Nous avons des espèces en voie de disparition dans le parc et la meilleure façon de les protéger est d’effectuer des patrouilles régulièrement. »

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Gnous, parc national de Quiçama, Angola.

Les communautés vivant dans le parc peuvent également constituer une menace pour la flore et la faune — en particulier les arbres, souvent coupés pour le bois de chauffage et le charbon de bois, une source d’énergie majeure en Angola pour la cuisine, l’éclairage et le chauffage. Mais l’engagement des autorités du parc a permis sensibiliser les résidentsà la valeur de la biodiversité et à la nécessité de la protéger.

C’est ainsi qu’un garde-chasse de Quiçama a été approché par un membre de la communauté à propos d’un pangolin — l’un des animaux en voie de disparition les plus victimes de la traite au monde, ses écailles étant utilisées dans la médecine traditionnelle et populaire en Asie.

Un fois le braconnier intercepté, il s’est avéré que le pangolin qu’il essayait de capturer était une femelle enceinte — Afonço et son équipe se sont rapidement retrouvés à prendre soin d’une mère et d’un nouveau-né, en plus de leurs autres tâches.

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La mère pangolin et son petit ont rapidement été relachés dans le parc.

La mère pangolin a initialement rejeté son petit, au grand désarroi de l’équipe. Ils ont rapidement rassemblé un monticule de termites et créé un enclos pour les animaux, les surveillant jour et nuit pendant plusieurs jours avant de les relâcher dans le parc.

« Les communautés nous aident beaucoup », explique Manuel. Il associe le sauvetage du pangolin aux scéances d’information et de sensibilisation des résidents vivant le long de la rivière Kwanza. « Nous essayons d’aider ces personnes et d’atténuer l’impact de leur proximité avec la faune sauvage. »

L’économie angolaise a décuplé au cours des deux dernières décennies, après la fin de la guerre civile et grâce au boom pétrolier. Les prix du pétrole étant maintenant plus bas, le pays s’efforce de diversifier son économie en construisant une industrie de l’écotourisme.

Au travers du projet PNUD/FEM, le ministère de l’Environnement de l’Angola s’emploie à créer de nouvelles aires protégées à travers le pays et à réhabiliter quatre parcs nationaux existants — Quiçama, Bicuar, Cangandala et Maiombe — ainsi que la Réserve naturelle de Luando.

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Garde-chasse féminine au parc national Iona, Angola. Photo: PNUD Angola

« Nous progressons mais il reste encore beaucoup à faire », expliquait la ministre angolaise de l’Environnement, Paula Cristina Francisco Coelho, lors d’une visite à Quiçama de représentants de gouvernements de toute l’Afrique australe, venus se renseigner sur l’expérience de l’Angola dans la gestion des aires protégées et sur sa future stratégie de biodiversité et de conservation.

Cette histoire a été initialement publiée sur le site du FEM en anglais.

Texte : Laura MacInnis / FEM. Photos : Laura MacInnis / FEM & PNUD Angola

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