Les États insulaires africains accélèrent leur engagement en matière d’énergie durable

Vue de Sao Tomé et Principe. Les petits États insulaires en développement (PEID) sont confrontés à un ensemble unique de défis climatiques et énergétiques, où la dépendance à l’égard de combustibles fossiles importés et la vulnérabilité au changement climatique vont souvent de pair avec des taux de pauvreté élevés et le manque d’accès à une énergie fiable. Ces difficultés sont désormais exacerbées par les effets socioéconomiques de la pandémie de COVID-19. Photo : IWRM AIO SIDS

« Mon pays va disparaître si le monde ne tient pas ses promesses, celles faites lors de l’accord de Paris ».

Dans son récent appel à l’intensification de l’action climatique, le président des Îles Marshall a voulu rappeler au monde que pour de nombreux petits États insulaires, le changement climatique est une menace existentielle bien réelle.

Toutefois, parce que les États insulaires ont dû s’attaquer de front à la crise climatique, beaucoup d’entre eux sont devenus des chefs de file de l’action climatique et poursuivent des objectifs ambitieux en matière d’énergie propre, y compris en Afrique. Le PNUD soutient cet effort dans le cadre de son initiative mondiale intégrée « Rising Up for SIDS », qui vise à s’attaquer aux vulnérabilités systémiques auxquelles les États insulaires font face pour agir en tant que vecteur de reprise verte et au-delà. La transition énergétique est au cœur de l’appui du PNUD en tant que moteur essentiel du développement durable, garantissant le bien-être des communautés insulaires, notamment les plus reculées.

À titre d’exemple, Maurice met en œuvre un programme complet d’énergie durable pour atteindre son objectif de produire 35 % de son électricité à partir de sources d’énergie renouvelables d’ici 2025, soit une augmentation significative par rapport aux 18,4 % fixés en 2018. Le pays renforce son réseau électrique existant à l’aide de batteries de stockage des énergies renouvelables et prévoit de mettre en service 25 MW supplémentaires d’énergie solaire, notamment grâce à l’installation sur l’île périphérique d’Agalega d’un mini-réseau qui approvisionnera des zones décentralisées en électricité fiable.

L’île Maurice prévoit de déployer 25 MW supplémentaires d’énergie solaire. Photo : PNUD Maurice/Stephane Bellerose

Le défi du financement climatique pour les énergies propres

Les projets d’énergie propre nécessitent cependant d’énormes investissements, et de nombreux PEID peinent à mobiliser ceux dont ils ont besoin pour atteindre leurs objectifs climatiques ambitieux.

C’est le cas notamment de Sao Tomé-et-Principe et des Comores. Lors d’une réunion de haut niveau sur la transition énergétique organisée en prélude à l’Assemblée générale des Nations Unies, ces deux pays ont appelé les acteurs multilatéraux et du secteur privé à unir leurs efforts pour accroître le financement des énergies propres.

« Nous voulons transformer la situation [de la COVID-19] en une occasion unique d’établir pleinement dans la pratique la vision d’une reprise verte et inclusive en attirant des partenaires pour nous soutenir dans notre transition vers les énergies propres », a déclaré Osvaldo Abreu, ministre des Infrastructures, des Travaux publics, des Ressources naturelles et de l’Environnement de Sao Tomé-et-Principe, lors de cet événement.

L’île Maurice met en œuvre un programme complet d’énergie durable pour atteindre son objectif de produire 35 % de son électricité à partir de sources d’énergie renouvelables d’ici 2025. Photo : PNUD Maurice/Stephane Bellerose

Sao Tomé-et-Principe accélère déjà le développement de ses infrastructures pour les énergies durables, avec, par exemple, la remise en état de la minicentrale hydroélectrique de Papagaio, soutenue par une collaboration entre le PNUD et le Fonds pour l’énergie durable en Afrique de la Banque Africaine de Développement. Mais récemment, des partenaires internationaux ont redoublé leur soutien à l’action climatique dans le cadre de la Climate Investment Platform (plateforme pour les investissements climatiques) (CIP) — un partenariat qui vise à désencombrer l’espace du financement climatique et faciliter les investissements dans les énergies propres. La CIP développe avec le gouvernement, des moyens novateurs pour accroître la part des énergies renouvelables et proposer des solutions pour améliorer l’accès aux énergies propres. La CIP aidera le pays à renforcer les capacités de distribution de l’énergie propre et à améliorer l’accès à l’énergie pour les ménages et les entreprises dans les domaines du tourisme, de la santé et de l’agriculture.

Photo: IWRM AIO SIDS

Aux Comores, la transition énergétique est inscrite dans la vision nationale du développement « Plan Comores émergent 2030 » et dans la contribution déterminée au niveau national. Le succès de cette stratégie repose sur l’exploitation du potentiel d’énergie géothermique du pays. Ceci étant, la géothermie comporte une phase initiale risquée et coûteuse pour identifier les ressources. Le FEM et le Fonds d’atténuation des risques géothermiques (GRMF) de l’Union africaine sont déjà partenaires pour ce projet, qui a également reçu un soutien financier et technique considérable du Gouvernement néo-zélandais, et recherchent des ressources internes et des partenaires internationaux supplémentaires pour combler le déficit.

Photo : PNUD Comores

« L’énergie géothermique a le potentiel de changer la donne pour les Comores, à la fois en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d’accès accru à l’énergie. Mais à ce stade, des partenaires supplémentaires sont nécessaires pour que le pays puisse intégrer cette source d’énergie renouvelable dans son bouquet énergétique. « Attirer des capitaux publics et privés est essentiel, et c’est pourquoi nous plaidons en faveur du programme géothermique des Comores sur la scène internationale », a déclaré Fenella Frost, Représentante résidente du PNUD pour les Comores.

Pour ce faire, les Comores ont commencé à collaborer avec la CIP, qui apporte une expertise spécialisée pour aider le gouvernement à réduire les risques liés aux investissements dans le géothermie et à s’assurer que les réglementations et politiques actuelles rendent possibles de tels investissements à long terme et à forte intensité de capital. Le pays exploite également son réseau pour rechercher sur la scène internationale d’éventuels investisseurs et défendre ses besoins en matière de financement de la géothermie sur la scène internationale.

Avec les autres PEID, les États insulaires africains sont prêts à accélérer leur transition vers les énergies durables. La communauté internationale doit entendre leur appel et joindre ses efforts pour accroître le financement de l’action en faveur du climat.

Photo : PNUD Comores

Compte Twitter officiel du Programme des Nations Unies pour le développement. Le PNUD œuvre pour les peuples et la planète depuis plus de 50 ans.

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