Planter des graines d’espoir en Uruguay

Sur la côte de Punta del Diablo, on plante un Chal-chal (Allophylus edulis) pour contribuer à la restauration de la forêt indigène

Les premiers oiseaux se réveillent et le brouillard se dissipe lentement sur la côte de Punta del Diablo, une petite ville côtière de l’est de l’Uruguay, un matin d’hiver.

La ville se situe entre l’océan Atlantique et la Laguna Negra (lagune noire) couvrant 17 500 hectares, et la brise marine façonne les dunes qui abritent une végétation psammophile, des espèces de plantes de milieux sableux, soit des arbres, des arbustes et des herbes particulièrement adaptés à cet environnement.

Les arbres indigènes tels que le Myrte luma (Arrayàn), le genre Allophylus (Chal Chal) et le Curupì, sont de plus en plus menacés par les espèces exotiques, l’urbanisation non planifiée et le tourisme non durable.

Seuls 4,8 % des terres d’Uruguay sont aujourd’hui couvertes de forêts naturelles.

Un groupe d’habitants a décidé d’inverser cette tendance et, malgré le froid de l’hiver, s’est réuni dans un parc de la ville pour se mettre au travail.

« La restauration des forêts naturelles est capitale pour l’Uruguay, où la plupart des gens ne connaissent pas nos arbres indigènes », explique Katherine Muller, entrepreneuse locale.

Avec les autres volontaires, elle commence à débarrasser le terrain des restes d’acacias noirs et de pins maritimes, des espèces exotiques envahissantes qui déplacent les espèces indigènes et qui résistent aux incendies.

Les forêts naturelles abritent 90 % des espèces de reptiles, oiseaux et mammifères indigènes, y compris des espèces menacées. Elles sont essentielles pour protéger la biodiversité, l’environnement et la qualité de l’eau.

Claudio Taroco, un entrepreneur local, transforme les déchets de poisson en compost naturel qui aide à la croissance des arbres indigènes plantés. Photo : Antartida Films

Et Mme Muller affirme qu’elles ont un autre rôle à jouer dans la protection de l’environnement unique de Punta del Diablo, en raison des risques d’incendie.

« Les acacias et les eucalyptus sont très inflammables, tandis que nos arbres indigènes ne le sont pas », explique-t-elle.

Bien que les volontaires s’accrochent aux quelques signes d’espoir — par exemple, certaines plantes indigènes survivent sous les branches des arbres envahissants — ils sont bien conscients que le niveau actuel de perte doit cesser.

La forêt côtière résiste dans une petite partie de l’Uruguay, il est l’écosystème avec le plus haut pourcentage d’invasion d’espèces exotiques. Photo : Antartida Films

« Année après année, l’altération est visible », dit Victor Pereyra. « La situation actuelle ne peut pas continuer. Il y a de moins en moins d’oiseaux, d’abeilles ».

Leurs préoccupations sont partagées par le laboratoire accélérateur (Accelerator Lab) du PNUD en Uruguay, et Plantatón Uruguay qui a commencé à planter 1 000 arbres pour restaurer la forêt naturelle de Punta del Diablo. L’initiative encouragera l’engagement individuel et le financement participatif grâce au crowdsourcing.

L’Uruguay s’est inspiré d’expériences menées dans d’autres pays, comme les initiatives Green Aral Sea qui tente de redonner vie à la mer d’Aral en Ouzbékistan, et Huella del Futuro au Costa Rica, qui replante 200 000 arbres dans la zone nord du pays.

La communauté locale et l’équipe du PNUD plantent du Pitanga (Eugenia uniflora), une espèce indigène.

« Cette campagne de crowdfunding est plus qu’un outil de collecte de fonds pour sensibiliser aux arbres indigènes. C’est un processus enrichissant qui a uni notre bureau de pays, le gouvernement et les organisations locales autour d’un objectif commun. Elle a également permis de faire connaître le PNUD et ses laboratoires accélérateurs, et de partager des connaissances et des expériences du monde entier », a déclaré Francisco Pons, chef de l’exploration du laboratoire accélérateur du PNUD en Uruguay.

Adriana Pezzolano, entrepreneuse, ne doute pas de la réussite du projet. Selon elle, il n’est pas seulement question d’environnement, mais aussi d’aider les Uruguayens à s’identifier plus profondément à leur terre. « Je pense qu’il s’agit de notre lien d’origine avec ce pays », dit-elle. « La forêt nous a précédés. Et c’est une façon de nous reconnecter à elle. Malheureusement la ville, l’asphalte, nous en a éloignés. Mais je crois que nous avons cela dans nos gènes et que nous devons relever ce pari ».

Chaque arbre représente une personne engagée en faveur de l’écosystème uruguayen, fruit d’une graine d’espoir. Chaque arbre représente aussi l’effort et le dévouement de petites pépinières d’espèces indigènes, d’une communauté locale cherchant à vivre en harmonie avec la nature et de bénévoles engagés en faveur des forêts naturelles.

Chaque arbre planté est entretenu par la communauté locale, gardienne d’un avenir durable. Photo : Antartida Films

« Nous voulons régénérer la végétation psammophile qui se perd rapidement », déclare Claudio Taroco. « C’est la nôtre. C’est ce que nous avons. C’est notre identité. C’est notre sol et c’est notre flore indigène. C’est ce qui est là depuis longtemps, et ce qui doit être restauré ».

En savoir plus sur l’initiative (#GénérationRestauration) et découvrir comment vous aussi, vous pouvez planter un arbre pour bâtir l’Uruguay du futur.

Compte Twitter officiel du Programme des Nations Unies pour le développement. Le PNUD œuvre pour les peuples et la planète depuis plus de 50 ans.

Compte Twitter officiel du Programme des Nations Unies pour le développement. Le PNUD œuvre pour les peuples et la planète depuis plus de 50 ans.