Produits frais et locaux au Botswana

« Nous sommes prêts à répondre à la demande »

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Chatiwa récolte 250 salades chaque semaine et figure parmi les principaux fournisseurs du marché local.

Le PNUD, avec le concours financier du Fonds pour l’environnement mondial, apporte un soutien technique et financier à la Commission permanente des eaux du bassin du fleuve Okavango au Botswana (OKACOM). Une composante clé du projet consiste à mettre en évidence des sources de revenus et une approche du développement socioéconomique respectueuses de l’environnement.

Chatiwa Gaekgotswe examine une belle salade, tandis que son jeune fils batifole derrière elle dans les sillons de légumes. Cette mère de trois enfants et son mari sont propriétaires de la Fantacia Farm dans la région de Maun au Botswana. Il y a quelques années encore, la ferme produisait essentiellement des choux, du maïs et des tomates. Mais avec la sécheresse, la rivière voisine s’est tarie et de nombreux agriculteurs ont connu des temps difficiles.

« Nous n’avions plus de revenus. Nous étions ruinés. La rivière était asséchée et nous n’avions pas les moyens de forer des puits nous-mêmes », se souvient Chatiwa. « Le projet est arrivé au bon moment pour nous, car nous ne nous en sortions plus. »

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Le filet d’ombrage est essentiel pour maîtriser la température des cultures.

En partenariat avec le Ministère du développement agricole et de la sécurité alimentaire du Botswana, les agriculteurs de la région ont reçu des équipements tels que des filets d’ombrage, des puits et des réservoirs d’eau pour développer leurs activités et produire plus de nourriture pour les marchés locaux.

Chatiwa a reçu un filet d’ombrage, 12 puits ont été forés sur son exploitation et un réservoir d’eau de 10 000 litres y a été installé. Fanuel Otukile, conseiller en horticulture pour le Conseil des organisations non gouvernementales de Ngamiland (NCONGO), travaille à ses côtés.

« L’un de nos objectifs principaux est de nous assurer que les agriculteurs restent sur le marché et assurent un approvisionnement régulier tout au long de l’année », explique Fanuel.

Chatiwa récolte 250 salades chaque semaine et figure parmi les principaux fournisseurs du marché local. Les bénéfices engrangés par ses ventes lui permettent aujourd’hui de développer son activité. « Nous voulons nous agrandir et pouvoir approvisionner toute la région de Maun, voire de Gaborone. Nous ne voulons vraiment pas voir débarquer des salades sud-africaines sur notre marché », dit-elle.

Plus tôt cette année, Chatiwa et quelques-uns de ses voisins ont installé une colonne-fontaine et un réservoir.

« Ce projet, initialement prévu pour aider une personne, a finalement profité à plus de 200 habitants. Ils n’avaient pas accès à de l’eau propre, et maintenant, ils ont accès au réservoir. Nous sommes très fiers de cette initiative. »

La ferme de Gaotshwarwe Otimile, la Farm Dolphins, fournit aussi des salades à des revendeurs de la région de Maun. Son exploitation est également équipée d’un filet d’ombrage qui protège les salades et d’un système d’irrigation solaire qui puise de l’eau dans la rivière Thamakalane.

« Elle débute dans le métier d’agricultrice, et même si elle travaillait déjà dans la production, elle n’en comprenait pas les aspects techniques. Nous lui avons conseillé de se lancer dans la culture de salades, car c’est un produit très prisé », raconte Fanuel. Les salades ont été plantées par vagues afin qu’elle puisse en récolter chaque semaine. Une fois la période de la récolte venue, Gaotshwarwe s’est rapprochée de revendeurs locaux et a pris des commandes. « J’étais la seule agricultrice en mesure de les approvisionner à l’époque, car nous utilisions l’eau des puits lorsque la rivière était asséchée. »

L’utilisation d’engrais organiques a constitué une autre étape importante dans le parcours de Gaotshwarwe. « Nous voulions utiliser les engrais ordinaires disponibles en magasin, même si nous savions qu’il était possible d’utiliser le fumier du bétail. Ce n’est que maintenant que nous l’utilisons, car nous avons appris que c’était mieux pour les cultures. Nous en profitons tous, surtout les travailleurs qui disposent désormais de ces nouvelles compétences », se félicite-t-elle.

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Gauche: Gaotshwarwe et Fanuel inspectent les salades du Farm Dolphins. Droite: Gaotshwarwe était la seule agricultrice en mesure d’approvisionner les revendeurs locaux lorsque la rivière s’est asséchée.

« C’est le seul métier que je connaisse. Du coup, quand il n’y a pas d’eau, je ne peux rien faire ici et je n’arrive à rien faire pousser », déplore Seleho Ramokgalo, agriculteur à Xobe depuis plus de 35 ans. Il descend sur les rives de la rivière pour examiner les conduits qui acheminent l’eau jusqu’à un réservoir de 10 000 litres. « L’irrigation est bien plus rapide maintenant que nous stockons l’eau dans le réservoir et que nous utilisons l’écoulement libre pour arroser les terres », explique-t-il.

Ces méthodes adaptées au climat ont permis à Seleho d’améliorer sa manière de cultiver. « On m’a initié aux planches de semis, une technique très efficace qui permet de retenir l’eau. »

Mais la proximité du cours d’eau est tant une bénédiction qu’une source de difficultés:

« Un nombre effrayant d’hippopotames vit sur les berges. Ils sont nombreux. Ils ont déjà essayé de s’approcher du filet d’ombrage et ont détruit la barrière. C’est problématique. La nuit dernière encore, nous avons dû en faire fuir un. »

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Seleho a planté des herbes, du gombo, des haricots longs et une variété d’épinards paleka, qui est populaire parmi la communauté indienne, sa principale clientèle.

« Nous espérons que ce projet sera fructueux ; il peut faire basculer notre vie dans un sens comme dans l’autre », confie Hange Chilume, tandis qu’il entre dans son filet d’ombrage. La ferme de Hange se situe à Makalmabedi, à proximité de la rivière Boteti. Il y produit des poivrons verts et des choux kale, qu’il écoule dans des écoles et des magasins locaux.

« Avant le projet, il avait beaucoup de problèmes de parasites et de maladies. Il ne parvenait pas à récolter la production espérée », raconte Fanuel. « Nous lui avons conseillé de planter des tomates à croissance indéterminée, qui résistent aux parasites et fournissent un rendement élevé. Son exploitation pourra ainsi mieux résister aux conditions extrêmes engendrées par les changements climatiques. »

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Les nouvelles vont bon train dans le village de Makalmabedi et les habitants se sont intéressés au projet. « De nombreux aspirants agriculteurs viennent nous voir. Nous leur parlons d’abord de la valeur des légumes, puis nous leur présentons la structure mise en place avec le filet d’ombrage. Nous leur conseillons aussi de se servir de ce qu’ils ont à portée de main. Par exemple, nous avons beaucoup de fumier dans notre kraal. C’est de l’engrais dont nous disposons localement et que nous allons donc utiliser », explique Hange.

« Nous allons installer des plants de tomates sous le filet et nous avons pour projet d’approvisionner les marchés locaux, puis la région de Maun. La région est confrontée à une pénurie de légumes et nous sommes prêts à répondre à la demande. »

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Noseko Keemetsekgosi montre ses plants de tomates sains. «Nous n’utilisons aucun équipement agricole ou produit qui contamine l’eau », dit-il.

Texte et photos: PNUD Botswana et Nelao Haimbodi, OKACOM.

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Compte Twitter officiel du Programme des Nations Unies pour le développement. Le PNUD œuvre pour les peuples et la planète depuis plus de 50 ans.

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