Quand l’amour des abeilles devient profession

Au Costa Rica, les apiculteurs obtiennent un soutien vital pour augmenter leur production de miel.

Un apiculteur et ses ruches au Costa Rica
Un apiculteur et ses ruches au Costa Rica
Ce qui a commencé par un amour d’adolescent pour les abeilles est rapidement devenu le métier de Javier. À la fin de leurs études secondaires, Javier et son frère Minor ont obtenu les premiers essaims pour se lancer dans l’apiculture chez eux.

Quand Javier Rojas était adolescent, durant les vacances scolaires il courait voir les abeilles. Les ruches de l’école agricole Ricardo Castro à Orotina, au Costa Rica où l’apiculture faisait partie de son éducation se trouvaient à peine à 50 mètres de sa classe.

« Les abeilles étaient très dociles à l’époque. Nous rivalisions pour voir qui pouvait supporter le plus de piqûres ! » dit-il.

Un apiculteur et ses ruches au Costa Rica
Un apiculteur et ses ruches au Costa Rica

Après avoir terminé le lycée, Javier et son frère Minor se sont lancés dans l’apiculture. Ils ont commencé avec huit ruches pour en avoir finalement 100. Javier en loue la moitié qui sert à la pollinisation des melons et parfois du café. L’autre moitié est destinée à la production de miel.

Lorsque l’année est bonne, il produit entre 1 000 et 1 250 kilogrammes de miel. Chaque colonie compte entre 80 000 et 100 000 abeilles. Javier, qui a l’habitude de se faire piquer, raconte que désormais il ne les ressent plus.

Par contre, ce qui lui fait de la peine, c’est de voir comment, d’année en année, sur les terres proches du lieu où il vit, les arbres et les plantes qui fournissent le nectar dont les abeilles ont besoin pour produire leur miel, disparaissent.

Javier n’est pas le seul à être touché par ce problème. Les changements dans l’utilisation des terres, l’emploi accru de produits agrochimiques et les variations climatiques affectent les abeilles et leur productivité.

Le Costa Rica a exporté du miel aux États-Unis et en Europe de 1918 à 1984. C’était du miel de la plus haute qualité et très apprécié sur ces marchés. Aujourd’hui, notre propre production ne satisfait pas le marché national. À quelques exceptions près, la production annuelle moyenne du pays se limite à 18 kilos par ruche.

“Pour garantir des conditions de vie décentes, chaque apiculteur doit récolter au moins 40 kilos par ruche”, déclare Juan Bautista Alvarado, président de la Chambre nationale de l’apiculture.

Cette situation explique pourquoi les apiculteurs, selon les termes d’Alvarado, sont « des héros et des héroïnes ». Au Costa Rica, entre 1 000 et 1 500 personnes élèvent des abeilles et exploitent entre 50 000 et 70 000 ruches. La consommation nationale de miel d’environ 1 200 tonnes par an est loin d’être approvisionnée par la production locale.

Une forêt au Costa Rica
Une forêt au Costa Rica
Javier regrette de voir que, d’année en année, le nombre d’arbres et de plantes est en train de disparaître.

L’Université nationale du Costa Rica estime que 65% des plantes de la planète ont besoin de pollinisateurs, et parmi ceux-ci, les plus importants sont les abeilles. Des cultures telles que le melon, la pastèque, l’avocat, la tomate, le café, la papaye, les agrumes, les mûres ou les fraises contribuent chaque année à hauteur de 250 millions de dollars américains à l’économie costaricienne. Les abeilles sont essentielles à ces cultures.

Le Programme de microfinancements (SGP) financé par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et mis en œuvre par le PNUD soutient les apiculteurs travaillant dans les bassins versants des rivières Jesus Maria et Barranca, les deux bassins versants les plus dégradés du pays, dans la région du Pacifique central du Costa Rica .

Le programme fournit également de l’argent pour l’achat d’équipement et de sucre.

Rojas explique qu’avant s’il devait réparer sa combinaison de protection, l devrait se rendre dans la ville éloignée de San José et il n’avait pas toujours suffisamment d’argent. De nos jours, il peut avoir recours à un crédit permanent pour acheter des fournitures à prix coûtant.

Une formation à l’apiculture a permis à Rojas d’améliorer le matériel génétique des reines de ses ruches.

« Si la reine des abeilles est pure, elle coûte entre 100 et 150 dollars américains. Auparavant, j’élevais des reines naturellement, mais nous le faisons maintenant artificiellement avec de meilleures techniques : en enlevant les œufs et en les transférant dans des godets spécialement conçus. Nous pouvons donc maintenant leur assurer de bonnes conditions de vie », dit-il.

Un apiculteur et ses ruches au Costa Rica
Un apiculteur et ses ruches au Costa Rica

Récit : Rodolfo González Ulloa // Photos : Priscilla Mora Flores // Rédacteurs : Charles Dixon et Ingrid Hernández Sánchez / PNUD Costa Rica

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