Questions/Réponses avec une championne dans la lutte contre les violences conjugales au Monténégro

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Kaca Djurickovic, analyste des programmes sur le genre et la sensibilisation du grand public, travaille sur les questions d’inclusion sociale avec le PNUD au Monténégro.

  1. En une phrase, pouvez-vous nous expliquer en quoi consistent vos activités au PNUD ?

Je travaille sur des projets qui renforcent la participation politique des femmes, je propose des formations d’entreprenariat aux femmes qui veulent se lancer dans la création d’entreprise, ainsi que des projets destinés à lutter contre les violences infligées aux femmes et aux filles.

2. Votre bureau s’est vu attribuer le Golden Gender Seal Award en 2015. Comment cette récompense a-t-elle dynamisé le travail de votre équipe ?

Cette reconnaissance de notre travail en matière de genre a aidé notre bureau à développer une structure durable et à long terme qui intègre le genre dans tous les aspects de notre travail.

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3. Comment votre travail change-t-il la vie des femmes et des filles dans les pays en développement?

Depuis 2010, nous œuvrons à la réduction des violences conjugales dans les familles.

Il y a une immense collaboration entre notre bureau, la société civile, le gouvernement et toutes les parties prenantes du Monténégro qui se sont engagées à réduire les violences conjugales.

Notre équipe chargée du genre a réalisé des enquêtes et développé les capacités des travailleurs sociaux et des groupes locaux de femmes qui dirigent des refuges. Nous avons appuyé les ONG en établissant des lignes téléphoniques d’urgence grâce à la reconnaissance institutionnelle du gouvernement, en créant des refuges pour les femmes et en dispensant des formations professionnelles qui ont aidé les victimes à commencer une nouvelle vie.

Il existe désormais un système d’appui juridique gratuit visant à aider les victimes de violences via un réseau de femmes qui harmonisent leur travail avec les plans et budgets institutionnels du Gouvernement. En 2010, il existait un refuge dirigé par une ONG, désormais il y en a 4, tous dirigés par des ONG mais néanmoins intégrés au système de protection social du Gouvernement. En 2010, seulement 500 cas de violence conjugale ont été signalés en moyenne sur une base annuelle. Il existe maintenant une ligne téléphonique d’urgence nationale gratuite pour les victimes de violence qui, au cours des 12 derniers mois, a été sollicitée par près de 5 000 femmes.

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4. Quel a été votre tout premier emploi et comment êtes-vous parvenue là où vous en êtes aujourd’hui ?

J’ai commencé ma carrière en tant que journaliste au sein d’un quotidien local pendant une période politique très agitée pour les Balkans occidentaux. En tant que militante de la paix, j’ai beaucoup écrit sur le mouvement pacifique des femmes dans la région et j’en suis rapidement arrivée à former les femmes à la participation et à la sensibilisation politique. En 2004, j’ai intégré l’équipe du PNUD et j’y suis restée.

5. Lorsque vous étiez enfant, qu’est-ce-que vous vouliez faire plus tard ? Je voulais être officier de police et enseignante. D’une certaine manière, j’ai réussi à faire les deux.

6. Parlez-nous d’une personne que vous avez rencontrée qui vous a réellement inspiré dans votre travail et a participé à un projet.

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Branka Zigante Zivkovic est une magistrate de la Cour suprême supérieure de Croatie. Elle applique les pratiques judiciaires qui ont été adoptées par les gouvernements après l’adoption de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes et la Convention d’Istanbul. Elle donne du sens aux lois. Elle possède les connaissances et l’autorité qui lui permettent de lutter contre les discriminations fondées sur le genre au sein du système judiciaire. Elle a le courage d’instaurer de nouvelles pratiques judiciaires et de s’exprimer lorsqu’elle constate que les tribunaux ne protègent pas les droits des victimes de violences.

7. Quelles sont les mesures que les personnes peuvent prendre dans leur vie quotidienne pour mettre fin aux violences contre les femmes et les filles ?

Il faut commencer à en parler, à se documenter sur la question et comprendre les ressorts de cette violence.

8. Quels sont les trois bonnes habitudes quotidiennes que vous avez et que vous pourriez conseiller aux jeunes qui veulent devenir directeurs de programmes sur le genre ?

Lisez quotidiennement les journaux afin de comprendre le contexte de votre travail et d’être à même de mieux vous en acquitter. Adoptez toujours un processus participatif. Vous serez plus fort si vous mettez au point, livrez et évaluez des projets de cette manière. N’envisagez pas l’échec.

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9. Avez-vous des messages clefs à transmettre aux jeunes femmes qui entrent actuellement dans la vie active ?

Motivez-vous à apprendre jour après jour, ayez confiance en vous et repoussez vos limites. En quelques mots, réalisez votre rêve.

Terminez ces phrases :

10. Le livre qui m’inspire est “Le Deuxième Sexe » de Simone de Beauvoir.

11. La chanson qui me donne de l’énergie s’intitule « Break the chain ».

12. D’ici à 2030, je souhaite vivre dans un monde SANS conflit et SANS guerre. Je rêve d’un monde où prévaut la stabilité politique et le développement économique et, dernier point, mais non des moindres, d’ici à 2030, je voudrais vivre dans un monde où les questions d’égalité de genre sont une préoccupation prioritaire pour tous.

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Compte Twitter officiel du Programme des Nations Unies pour le développement. Le PNUD œuvre pour les peuples et la planète depuis plus de 50 ans.

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